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Archives de Tag: animateur

Une Rencontre où le Maitre Mot a été « Echanges »

affiche-molte9a-finalLa première rencontre autour de l’Information numérique dans les institutions (Etat des lieux et nouveaux horizons a tenu ses promesses :

· Une Rencontre dans le sens le plus juste du terme :

· Des animateurs de différents gouvernorats

· Des journalistes professionnels (presse, radio et télé)

· Des représentants de la Direction générale de la jeunesse

· Le Commissariat de la jeunesse et sport en la personne du chef de service et du sous-directeur de la jeunesse

· Deux inspecteurs (l’Inspecteur principal du district et l’inspecteur du gouvernorat)

Ce qui notable dans cette variété, ce n’est pas tellement la présence de tout ce « beau monde » mais leur participation active dans les travaux de la « Rencontre », une participation qui n’a rien de protocolaire, au contraire elle se situe au-delà de leurs statuts pour se retrouver au niveau de « simple » participants dans les débats et les cercles de discussions qu’ils soient formels (inscrits dans le programme) ou informels (pause-café, déjeuner, soirée…).

J’ose même affirmer que c’est une première, qui au-delà du fait qu’elle a rehaussé les débats et les échanges, a été un réel changement qui a rapproché les animateurs des responsables qui les entourent dans leur travail, a permis de « redorer » l’image de marque de nos institutions et du travail des animateurs, surtout quand on sait que les journalistes présents n’ont raté aucun débat et que les représentants de la Direction générale (présents une journée et demi) se sont impliqués à fond dans le programme. N’est-ce pas là, la meilleure preuve de la réussite de cette rencontre, et que ceux qui se sont absentés ont vraiment perdu quelque chose ?

 
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Publié par le 31 mai 2012 dans Débats d'Idées, L'Animation

 

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Questions « bêtes » et très méchantes

01Après toute une année à batailler pour comprendre pourquoi la révolution nous est passée sous le nez ? Comment nous qui vivons notre quotidien parmi les jeunes et à fortiori l’observatoire de la jeunesse n’avons rien vu venir ? Et puis pourquoi nous ne sommes pas arrêtés aux réalités qui nous été lancées à la figure pour profiter du changement et repenser tout notre travail, ses objectifs et tout ce qui tourne autour et proposer de nouvelles pratiques qui seront conformes à notre statut d’animateurs socioculturels ?

Mais, je dois l’avouer, je me suis toujours cogné au mur à chaque hypothèse qui j’avais échafaudé. Et voilà que le présent me renvoie à de nouvelles questions que j’estime graves, puisqu’il y va de notre identité, de nos fonctions et rôles dans la société qui nous échappent chaque jour un peu plus et s’entourent d’un brouillard sans fin.

En voilà quelques-unes des questions qui me taraudent l’esprit en ce temps de sit-in, de barricades et de revendications aussi nombreuses que diverses, organisés et orchestrés même par des jeunes.

  • L’animateur n’est-il pas « un acteur social » qui se doit d’être bien intégré dans la société, de comprendre ses rouages, ses tenants et ses aboutissants ?
  • L’animateur n’est-il pas la personne qui a été formé pour observer son environnement et s’en inspirer pour proposer des projets d’activités ?
  • L’animateur n’a-t-il pas parmi ses fonctions l’accompagnement du jeune pour faciliter son intégration sociale ?
  • L’animateur, travaillant dans le troisième milieu, n’est-il pas la personne la plus proche du jeune qui lui facilite l’expression et la communication et de là, être la personne la plus apte à comprendre ses soucis, problèmes et angoisses ?

Alors, et j’arrête là le flux des questions, est-ce qu’on va encore laisser passer cette occasion qui pourrait nous permettre de nous réapproprier notre statut réel dans la société et l’imposer. Nous qui avons toujours accusé « la société » de ne pas nous reconnaitre.

N’est-ce pas là une occasion en or pour rendre service aux jeunes, à la société et au pays, en imaginant des projets qui pourraient amener les jeunes au dialogue sain, sans violence, en leur permettant de s’exprimer, d’échanger, communiquer, et de réfléchir et de là comprendre et aider à trouver des pistes de solutions ?

C’est utopique ? Non ! je ne crois pas, avec maintenant les outils multimédias, avec les possibilités infinies qu’offrent le numérique et internet, il est possible de mettre en place des projets qui peuvent amener les jeunes à y participer et à les développer. Si on table sur un seul objectif, permettre au jeune de construire son discours de revendication au sein d’un groupe et de lui donner la possibilité de diffuser ce discours tout le reste suivra. Par exemple œuvrer pour mettre en place un réseau régional de discussion (Facebook, Twitter, visioconférence, etc.) que les jeunes gèreront et le développeront pour qu’il devienne national.

Je pense qu’il est possible que les animateurs d’une région puissent trouver des idées de projets qui amèneraient les jeunes à y participer, en partant des réalités de la région, des vraies questions qui taraudent les jeunes et des meilleures approches pour garantir l’adhésion des jeunes.

Le feront-nous ? Ou bien l’apathie qui nous gangrène est tellement ancrée en nous qu’elle a entrainé une paralysie généralisée ?

 
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Publié par le 18 janvier 2012 dans Débats d'Idées, Les Animateurs

 

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Désolant … pour ne pas dire Désespérant

yeuxDésolant de voir que dans le grand tumulte que vit le pays, seul le domaine de la jeunesse reste à la traine. Non seulement rien n’a changé, (malgré les efforts désespéré du dernier Ministre), mais l’idée que nous régressons s’impose chaque jour qui passe avec plus de force.

Quand on voit les animateurs, pilier du domaine, hagards, angoissés, en état constant de standby et ne faisant presque rien pour s’en sortir. Je dis « presque » eu égard à certains qui dissertent dans les réseaux sociaux sans conviction. Désolant, quand on sait que tout un chacun est absolument conscient de ce qui se passe et a une ou des idées à proposer ou à mettre en œuvre pour s’en sortir, mais ne le fait pas, étant tellement habitué à suivre les ordres ou le bon vouloir de son inspecteur.

Comment un animateur peut-il favoriser l’épanouissement des jeunes, comment peut-il détecter les besoins, comment peut-il détecter les problèmes de communication, si lui-même se trouve très mal dans sa peau, si lui-même n’arrive pas à cerner ses propres besoins, si lui-même souffre de la « non-communication ».

Cela fait presque une année que l’opportunité de se prendre en main s’est offerte à tous les acteurs du domaine de l’animation socioculturelle, mais le mois se suivent et le bégayement s’accentue.

Quand est-ce que l’animateur revendiquera son statut d’élément central, revendiquera son droit à décider de son travail dans tous ses détails et delà du fonctionnement de l’institution dans laquelle il exercera sa liberté de penser, de programmer, de proposer.

En partant d’une lapalissade (presque idiote), qui connait mieux que l’animateur, les caractéristiques de l’environnement de l’institution, condition fondamentale pour la mise en œuvre d’un projet d’institution ? Ce n’est bien sûr pas l’inspecteur, ni à fortiori les Administrations régionales ou même la centrale.

C’est à l’équipe d’animation de l’institution de décider en partant d’un état des lieus ou mieux encore d’une étude monographique, des orientations à donner à l’institution (programmes, projets, horaire, etc.), orientations qui seront ensuite proposées à l’inspecteur et aux administrations avec toute l’argumentation nécessaire.

Désolant aussi de voir que l’Administration s’accroche à ses anciennes manies prouvant en quelque sorte des difficultés pour changer. Désolant d’entendre que tout est fait pour que les régions se prennent en main, mais qu’on retrouve tous les dossiers gérer par la centrale, souvent parce que le régional, ne pouvant lui aussi changer, préfère s’en débarrasser. Et puis on retrouve les mêmes manifestations (prises comme portes de sortie pour se prouver qu’on avance) en plus médiocres, puisque l’envie n’y est pas.

 
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Publié par le 24 décembre 2011 dans Les Animateurs

 

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Cri d’alarme d’un Animateur

Un long message a été posté sur Facebook par un animateur qui porte le pseudo de “Monachitt Nachit”, je le transpose ici pour le discuter sans les contraintes de Facebook et pour pouvoir aussi diffuser le tout le maximum possible.

Le Message :

[“bonjour
j’aime bien partager avec vous ma première journée au travail et à vous de juger c’était un jour du mois de Novembre 199…..
un samedi après midi…une maison des jeunes colorée par un bleu hôpital
celle qui m’a accueilli c’était la femme de ménage…. puis un collègue que j’ai oublié son nom le directeur n’était pas dans son bureau …quoi il n’était pas à la maison des jeunes une maison des jeunes déserte des jeunes sauf quelques enfants âgés de 10 et 11 ans qui baladaient dans les coins mon collègue était très content …en fin pour lui  » inejem innakal  » tant que je suis là c  » el faraj jah » et dés les premiers 5 minutes il a commencé ses conseils tout en disant  » tu sais c hkeya fergha el 5edma » « me tkallakech rouhek  » « l’essentiel wrekek hadrin we el beki mouch mohim »
je regardais avec un mal intense dans la tête
c quoi wreki!!! et c qui foulen et felten dont il parle !!!
après quelques jours j’ai compris que wreki  » c un cahier twil we a3rith »
et j’ai rencontré aussi quelques collègues qui me disaient la même chose
 » isma3 el metfaked kif iji il mohem korrastek hadhra we el beki mouch mohem » el beki ye sadatti c a dire les jeunes!!! donc c pas si important d’avoir des jeunes dans une maison des jeunes !!! c pas si important pour un animateur des jeunes de rester sans jeunes !!! et avec le temps j’ai trouvé que klemhom shih !!! ceux qui donnent importance à ce machin cahier sont les plus notés ceux qui font la plagiat d’un cahier à un autre sont plus à l’aise parce que Me l’inspecteur ne sait pas qu’est ce que se trouve dans ce cahier …l’essentiel elly elkorrassa melyana !!!! et le Pauvre Monachit qui ne soigne pas l’apparence de son cahier !!! même si il a un groupe…même si il a des idées innovatrices!!! même si il est le roi des créateurs …ça c pas important …quand l’inspecteur débarque il lui demande seulement  » el wethe2ik » l’inspecteur ne regarde jamais le groupe!!! les jeunes!!! et surtout il ne dit jamais  » bravo ya3tik essaha » …il cherche tjrs les petites bettes pour embêter et dire voilà je suis là et je vois ce que tu ne peux pas voir!!! j’ai vu des animateurs que la maison des jeunes pour eux est un lieu de repos ( kortass kloub we kess thé ) …et le jour J ils ont eu + 2 je parle des faits réels … et après tout ca vous demandez à l’animateur  » elly kalbou harkou a3la domaine  » de travailler et de donner de son mieux désolé on a besoin de justice!!!!”]

Mes Remarques :

Le tableau peint par l’animateur est trop précis. Il est désolant, accablant, décourageant même. Mais il est tellement véridique, tellement réel.

La première journée d’un animateur, son premier contact avec la réalité du terrain, son premier contact avec ses collègues, sa première expérience qui va tout de suite confirmer ou infirmer ses rêves et ses espoirs.

Et le constat est :

  • Pas d’accueil, ce qui est fort dangereux pour l’arrivant parce que quelque part en lui, subsiste une certaine crainte, une certaine peur, une forte angoisse, et le fait que personne n’est là pour l’accueil ne peut que renforcer sa peur, son angoisse et ses inquiétudes.
  • Une première impression de désolation, une institution de jeunes sans jeunes.
  • Un animateur, un collègue, trop content de le voir, de voir surtout en lui la bouée de sauvetage qui va lui permettre de partir, d’obtenir sa mutation, et malheureusement qui en croyant expliquer l’état des lieux au nouveau arrivant, il lui assène coup sur coup toutes ses propres déceptions, ses contrevérités, et lui communiquer son défaitisme.
  • Un directeur absent. Oui il est directeur, il a tellement de choses à faire, que l’accueil d’un collègue lui parait comme secondaire. Ils auront tout le temps de se voir et surtout en l’absence de jeunes de parler à n’en plus en finir pour convaincre le nouveau qu’en optant pour ce travail, il a fait la plus grosse erreur de sa vie.
  • Le fait que l’institution est vide, que l’absence de jeune est flagrante et peut paraitre représenter un problème, n’est en fin de compte le souci de personne, le seul souci c’est la paperasse. Les fameux « Wathaeks ». Une autre contre vérité avec laquelle le nouvel animateur est asséné, rien ne compte seul le journal et les fiches, parce que c’est la chose qu’exige l’Inspecteur, Monsieur l’inspecteur.
  • L’inspecteur dépeint par l’animateur ne discute pas, n’accompagne pas, n’aide pas, ne forme pas, son seul repère, son seul souci, se résume dans la paperasse, c’est d’elle que tout dépend. Les compétences de l’animateur, son travail, ses réalisations, etc sont secondaires ou voire insignifiant si son journal est à jour et ses fiches colorées.

C’est grave, comment accepter qu’une nouvelle recrue soit accueillie par une image des plus désolantes de l’institution ? Comment accepter qu’on détruise les rêves de l’arrivant comme cela d’un coup ?

  • L’accueil est très important dans nos institutions, non pas seulement des nouveaux collègues, mais celle des jeunes et toutes les personnes qui un jour ou l’autre mettent leur pied dans la maison des jeunes. C’est l’une des cause de la faillite de notre système, et c’est surtout le directeur qui doit, avant toute personne en assumer la responsabilité.
  • On n’a pas le droit, aucun droit, de détruire les rêves des gens. On n’a pas le droit d’imposer notre point de vue comme le seul et ne souffrant aucune discussion, et comme venant d’un sage qui sait absolument tout. On n’a pas le droit de communiquer son désespoir à d’autres, surtout quand est la seule cause de son propre désarroi.
  • La paperasse n’est rien, rien de rien, et souvent c’est un tas de mensonge. La paperasse la vraie, celle qui sert, qui est utile est celle qui sera imposée par le projet de travail mit en place par l’équipe d’animation en collaboration avec les jeunes.
  • Malheureusement il est clair que trop trop de travail reste à faire, sans vraiment la certitude que les choses pourront évoluer.
  • Bir el Bey est au fond du gouffre, Le Ministère ne sait plus ou donner de la tête avec le problème de l’embauche (son seul souci), la Direction générale avec tous ses services patauge et attend….

Reste un seul espoir, oui un seul, le seul. Les Animateurs doivent se prendre en mains, mettre en place une concertation nationale, tout revoir, tout remettre en cause et de là faire des propositions concrètes, des propositions qui assureront le meilleur statut social de l’animateur parce que tout le reste viendra de lui-même.

 
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Publié par le 29 août 2011 dans Débats d'Idées, L'Animation

 

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Réponse à une question (l’animateur idéal)

Un ami m’a demandé : « quel est le profil idéal de l’animateur ? » Bonne question, même s’il s’agit de « l’idéal » et l’idéal c’est ce qui ne peut être qu’exceptionnellement. Mais voilà ma réponse.

Un animateur est avant tout un acteur social des plus importants, il se situe dans la société entre les parents, les professeurs et les fréquentations de la rue, bien sûr en ce qui concerne le jeune.

Donc il a DES rôles importants à jouer qui peuvent se résumer en deux mots « Aider le jeune à être jeune », c’est-à-dire l’accompagner pour que jeunesse se fasse sans trop de dérapages.

Pour cela l’animateur doit :

– Etre Un excellent communicateur et pour ça il doit être un bon observateur, il s’agit de l’Observation Active, celle qui permet de voir, détecter, analyser, et qui doit s’accompagner de l’Ecoute active. Deux qualités inséparables, observer et écouter pour comprendre et pouvoir agir.

– Etre une personne libérée, c’est-à-dire croyant en ses propres qualités, en ses idées, et suffisamment épanoui pour refuser toute aliénation d’où qu’elle vient, tout en restant ouvert.

– Maitriser la notion de « dynamique de groupe » avec toutes ses contraintes et règles. L’animateur ne doit en aucun cas dominer le groupe en profitant de son statut, il est un élément du groupe qui œuvre pour amener ce groupe vers l’autogestion sans se départir de ses propres fonctions. Il est un catalyseur dans le groupe, il est essentiellement centré sur les membres du groupe beaucoup plus que sur l’activité, c’est à lui que revient de détecter les blocages et les contourner, de pousser les jeunes pour qu’ils se dépassent eux-mêmes.

– Il doit être convaincu que toutes les techniques d’animations ne sont QUE DES OUTILS qui lui permettent de gérer le groupe, de lui permettre de s’exprimer, communiquer et partager.

– Il doit être convaincu que l’important dans une activité ce n’est pas le résultat mais l’acheminement, l’approche. Tout ce que réalise le jeune concrètement est important pour lui, pour le groupe, mais pour l’animateur, les objectifs sont ailleurs, c’est l’ambiance qui a été créée par le groupe, avec tout ce que cela implique, comme l’acceptation de l’autre.

– L’animateur doit être quelque part un « artiste » dans le sens où il ne s’encombre d’aucune règle immuable, il doit être capable d’improviser, de stimuler les jeunes pour qu’ils se surpassent que ce soit dans leurs idées, pensées, et réalisations pratiques.

– Il doit posséder une culture générale suffisamment élaborée pour pouvoir se retrouver indépendamment des générations et de leurs tendances.

– Il doit (et maintenant c’est une condition essentielle) maitrise les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour les adapter au mieux à son travail et à ses objectifs.

Voilà quelques qualités, que l’animateur à mon sens doit posséder, bien entendu la liste peut se rallonger encore, je n’ai retenu que celles qui me paraissent primordiales et qui sont malheureusement négligées.

Et comme on parle de l’idéal, je pense qu’il peut se réaliser si l’animateur ne travaille PAS SEUL, et que dans nos institutions tout se fait par des équipes d’animations, chaque animateur participant avec ses propres capacités, compétences, et là tout devient possible pour atteindre les objectifs premiers de l’animation socioculturelle.

Juste une dernière précision, l’Animateur est la pièce maitresse de notre domaine, tout doit être fait pour qu’il jouisse d’une formation continue, accompagnée chaque année par des rencontres pour des échanges d’expériences, en plus d’espaces d’échanges continues comme internet, et là je parle d’un site dédié et non de Facebook ou autre blogs.

 
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Publié par le 18 août 2011 dans Les Animateurs

 

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Le Gigantesque Chantier à entamer au plus vite

Le domaine de la jeunesse doit absolument se remettre en question s’il veut avoir une place dans la fresque sociale et y jouer les rôles importants voire essentiels qu’il a à jouer. La société tunisienne est en pleine mutation et les nouvelles assises ne souffriront aucun retard ni aucun retardataire.

Le Ministère de la jeunesse et des sports et de l’éducation physique a devant lui un énorme, un gigantesque chantier nommé « Jeunesse ». Un chantier qui ne doit pas être l’affaire d’une poignée de responsables, mais de tous, absolument tous les acteurs et à tous les niveaux.

Il est impératif de tout revoir, tout analyser, tout repenser, les changements se doivent d’être radicaux.

C’est dans ce sens que je m’autorise d’avancer QUELQUES « variables », j’en oublie certainement d’autres. Je les énonce en partant de la réalité de l’état des lieux et de l’idée que rien ne peut changer (TANT QUE ):

1. TANT QUE  Les lieux d’implantations des maisons des jeunes ne sont pas remis en cause.

2. TANT QUE  L’aménagement des espaces reste un vain mot.

3. TANT QUE  Le budget de fonctionnement des institutions reste en deçà des besoins.

4. TANT QUE  La gestion du budget n’est pas l’affaire de l’équipe d’animation.

5. TANT QUE  Le commissariat régional gère les budgets des institutions.

6. TANT QUE  Le commissariat régional intervient d’une quelconque manière dans les programmes pédagogiques des institutions.

7. TANT QUE  L’institution se cloitre dans ses murs et fonctionne indépendamment de son environnement.

8. TANT QUE  L’équipement est décidé et choisi par la Direction centrale.

9. TANT QUE  L’indemnité du Directeur reste dérisoire.

10. TANT QUE  Le projet d’institution n’est pas sa principale stratégie de fonctionnement.

11. TANT QUE  Les objectifs de l’existence même de l’institution maison des jeunes ne soient réfléchis, tenant compte de la réalité de son environnement, des caractéristiques de ses jeunes, de leurs réelles attentes, des objectifs clairs, et bien définis.

12. TANT QUE  L’animateur se prend pour un fonctionnaire.

13. TANT QUE  L’animateur n’est sécurisé que dans son petit club avec sa petite technique.

14. TANT QUE  Le terme « dynamique de groupe » se distingue par son obscurantisme.

15. TANT QUE  L’animateur n’est pas profondément persuadé que sa seule spécialité est la gestion des groupes de jeunes, et non une quelconque technique d’animation.

16. TANT QUE  Le jeune n’est pas impliqué directement dans le fonctionnement de l’institution à tous les niveaux.

17. TANT QUE  L’animateur croit ou se persuade de croire que le jeune attend de lui une quelconque formation technique.

18. TANT QUE  La notion d’Accueil dans une maison des jeunes n’est pas l’affaire des animateurs.

19. TANT QUE  L’animateur attend les directives pour bouger, censurant lui-même sa propre créativité.

20. TANT QUE  Le statut de l’inspecteur de la jeunesse reste flou dans ses relations avec le commissariat régional et la Direction Générale.

21. TANT QUE  L’inspecteur joue sur deux « scènes » diamétralement opposés, la pédagogique et la « policière ».

22. TANT QUE  L’inspecteur ne croit pas en l’observation et l’écoute actives comme principaux outils de travail, et que sa formation en ces domaines nécessite beaucoup de travail.

23. TANT QUE  L’inspecteur ne mise pas sur la recherche pour une meilleure formation et une politique d’accompagnement des animateurs plus efficientes.

24. TANT QUE  L’inspecteur est persuadé que sa principale fonction est l’évaluation, une évaluation qui s’inspire uniquement d’une grille, elle-même douteuse.

25. TANT QUE  La notion « d’accompagnement » reste une notion flottante que chacun interprète à sa manière en fonction de sa propre formation et ses propres convictions.

26. TANT QUE  L’administration centrale juge l’inspecteur sur ses rapports d’activités et non sur ses réelles compétences.

27. TANT QUE  L’inspecteur œuvre sans une véritable stratégie de formation basée sur la recherche elle-même basée sur l’état des lieux.

28. TANT QUE  L’inspecteur croit que son titre fait foi par rapport à formation et compétences.

29. TANT QUE  L’administration centrale n’instaure une Direction de la Formation qui planifie à long terme, et au niveau national.

30. TANT QUE  L’idée que la formation est une affaire régionale ne soit révisée minutieusement.

31. TANT QUE  Les responsables pensent que le plus important dans la formation c’est son thème et des fois la cible, et négligent totalement toute la logistique.

32. TANT QUE  La formation est assurée par des formateurs choisis par ouïe dire, découlant d’une absence d’un vrai panel de formateurs avec des cv, et des parcours reconnus.

33. TANT QUE  Le fossé entre la formation programmée par Bir El Bey et la réalité du terrain, se creuse d’année en année.

34. TANT QUE  Aucune réelle collaboration directe, entre le conseil scientifique de l’Institut de Bir El Bey et la Direction centrale de la jeunesse, n’existe.

35. TANT QUE  Aucune stratégie de formation continue commune (Bir El Bey et Direction générale de la jeunesse) n’est mise en place.

36. TANT QUE  Qu’il n’existe aucune publication digne de ce nom, qu’elle soit de formation, d’information ou autre.

37. TANT QUE  Le portail de la jeunesse reste ce qu’il est, un ramassis d’articles noyés dans ceux du sport et d’un amateurisme des plus médiocres.

38. TANT QUE  Le tout numérique tarde à venir, en commençant par les signatures numériques, les bases de données, etc.

39. TANT QUE  L’image de marque des institutions reste floue, et qu’aucune stratégie d’amélioration n’est mise en place.

40. TANT QUE  L’observatoire de la jeunesse reste la fenêtre unique pour l’information des jeunes et encore !

41. TANT QUE  L’observatoire ne met pas son énorme budget au profit de réelles recherches impliquant les spécialistes de tout bord pour baliser les routes que peuvent suivre les institutions de jeunesse.

42. TANT QUE  L’observatoire ne base pas ses recherches sur des problématiques imposées par les besoins des institutions.

43. TANT QUE  L’observatoire ne se débarrasse pas de cette manie de programmer un séminaire et ensuite de dormir sur ses lauriers.

44. TANT QUE  L’observatoire ne se débarrasse pas de l’idée qu’il est le seul détenteur et diffuseur de l’information, choses qu’il n’assure d’ailleurs pas.

45. TANT QUE  L’observatoire avec ce qu’il collecte des ministères et autres instances ne se crée pas une publication périodique.

46. TANT QUE  Les échanges (extérieurs) restent une énigme, tout est secret, les programmes, les critères de choix des participants.

47. TANT QUE  Ces échanges restent sans conséquences directes sur le domaine.

48. TANT QUE  Le Ministère ne met pas en place une compagne d’information à grande échelle, aussi longue que possible, et usant de tous les moyens et supports d’information avec pour seul objectif l’image de marque des institutions de jeunesses.

49. TANT QUE  Le statut des Maisons des jeunes reste un projet, un sujet de discussion, dont il n’existe même pas un brouillon.

50. TANT QU’On continue (à tous les niveaux, local, régional, et national) à fonctionner essentiellement en fonction des relations interpersonnelles et de leurs étendues, ne tenant aucun compte des compétences et des aptitudes. Et en confondant relations de travail et relations personnelles.

Il reste bien sûr beaucoup d’autres points importants qui doivent être mis sur la table, révisés débattus pour des changements qui garantissent la meilleure « mutation » possible. J’en citerai à titre d’exemples quelques-uns :

· Les Maisons des jeunes itinérantes. Leurs modes de fonctionnement doivent s’adapter aux nouvelles réalités des zones rurales du pays, ce qui suppose des études monographiques sérieuses impliquant toutes les compétences possibles.

· Les Unités d’Animation de quartier. Là tout est faire, il n’y avait aucune stratégie de travail, et si elle a existé il faut sans hésiter la renier sans s’y attarder, et très vite remettre les pendules à l’heure pour les débarrasser de toutes les connotations accumulées.

· Les Bus internet. Là aussi tout est à instaurer en partant des équipements (très mal pensés, donc inadaptés), en passant par la stratégie de travail et surtout la formation spécifique des animateurs.

 
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Publié par le 27 juin 2011 dans Débats d'Idées

 

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