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Archives Mensuelles: octobre 2013

L’Animateur

 

28-10-2013 21-46-36C’est un travailleur social qui travaille sur le temps libre des autres. Une définition qui reste valable quel que soit le lieu d’exercice de l’animateur. Dans notre propos on parle plutôt de l’animateur socioculturel.

Il exerce dans différents domaines : loisirs, sports, culture, vie sociale ou éducative. Ses activités se caractérisent par leur extrême diversité. Elles auront un caractère éducatif, culturel ou social plus ou moins marqué.

Il est l’intermédiaire privilégié, favorisant les contacts et les communications entre les divers groupes coexistant.

Rôle et Fonction

Le rôle de l’animateur est prépondérant et essentiel : l’animateur assure l’éveil des initiatives et des responsabilités individuelles.

Il favorise le développement et le cheminement de chaque personne vers son plus grand épanouissement, c’est-à-dire, vers une réalisation de soi la plus complète possible.

L’animateur socioculturel induit, par des activités d’animation, une discipline qui comporte une technicité importante (artistique, culturelle, scientifique), à des jeunes dans un objectif de développement personnel. Il a pour mission de favoriser les échanges et de faciliter l’expression, la créativité et la socialisation des individus. Il contribue à développer une meilleure cohésion sociale à travers des activités de groupes, qu’il conçoit, organise, encadre.

L’animateur est donc chargé de faciliter l’expression, l’imagination et la socialisation des personnes.

Il a comme mission d’être un support, d’aider les adolescents à cheminer. Dès lors, la prise en charge s’effectue en partie grâce à la structure qui préconise un équilibre des forces en présence. Les jeunes devant y occuper autant de place que les adultes de l’équipe d’animation.

En organisant une activité, on ne s’attarde pas aux aspects quantitatifs des résultats, mais à ce que sa préparation et sa réalisation ont apporté aux adolescents.

En s’impliquant, les jeunes deviennent conscients de leurs possibilités. Il n’est pas question de fournir aux jeunes du « tout cuit» ; pour qu’une activité fonctionne, les jeunes doivent avoir l’impression de relever un défi.

Ce que l’on entreprend, c’est une démarche vers l’autonomie. La participation au processus ne va pas de soi, les adolescents ont tendance à laisser s’installer la routine. Il faut donc les inciter à plus d’action ; et il devient impératif de provoquer.

Au lieu de proposer, l’animateur en vient à confronter ou à sensibiliser les jeunes sur des sujets précis.

Forcer les jeunes à l’action, c’est les forcer à prendre leur place, à agir dans un esprit communautaire, en ayant le respect des autres. C’est également contrecarrer une tendance vers l’individualisme observé tant dans la société en générale, que chez les jeunes en particulier.

La mission de l’animateur est d’informer le jeune vivant un problème familial ou scolaire, des possibilités s’offrant à lui. Les jeunes recherchent une oreille attentive ; à la maison de jeunes, on tend cette oreille.

Pour arriver à de bons contacts entre animateurs et adolescents il faut pouvoir agir sur une base de continuité.

Investir dans l’écoute, c’est investir dans les relations humaines. Le contact s’établissant entre un animateur et un jeune, importe plus que le cadre dans lequel il s’effectue.

L’animateur œuvre donc à aider et à trouver des moyens pour que les adolescents puissent atteindre l’objectif ultime qu’est la prise en main par les jeunes. Il doit sans discontinuer faire preuve de patience et d’invention.

Les rapports animateurs/adolescents sont complexes. D’une part, on se considère égaux, et d’autre part l’animateur représente une forme d’autorité. Elle ne se présente pas sous forme de répression ou d’abus ; l’animateur n’est pas un policier, il informe des limites qu’on ne peut dépasser. L’autre doit être respecté, peu importe son statut.

La plupart des difficultés émanent d’une perception imprécise de ce que signifie l’animation, d’une méconnaissance des attentes et des aspirations des membres, d’une vision floue des objectifs du groupe, d’un manque de motivation, d’une participation insuffisante, et d’une carence de moyens pour aider le groupe dans son cheminement.

Objectifs de l’animateur

Un animateur, dans sa relation pédagogique, vise à rendre le groupe autonome vis-à-vis de lui-même et s’efforce de conduire le groupe vers la cogestion, pour aboutir, à la limite et dans certain cas à l’autogestion.

  • Permettre à chaque personne de se découvrir, de participer à la vie du groupe en proposant des changements, des améliorations.
  • Favoriser l’adhésion à des objectifs librement élaborés, d’après les besoins, les aspirations et les problèmes vécus par chaque membre et par son groupe social.
  • Vivre en relation avec d’autres personnes, dans l’acceptation et le respect de chacun, de ses valeurs, de son milieu.
  • Donner l’occasion à chacun de se situer, de se libérer.
  • Une animation véritable doit tenir compte des besoins du groupe :
  • Il ne s’agit pas de conditionner les gens (thèmes ou activités dictés par l’animateur).
  • Il ne s’agit pas de manœuvrer le groupe (pour lui faire admettre des occupations sélectionnées par l’animateur, en fonction de ses compétences, son expérience, ses préoccupations).
  • Les besoins du groupe sont généralement conscients, perçus et ressentis, mais pas nécessairement exprimés.
  • Les besoins peuvent exister à l’état confus, instinctif.
  • L’animateur facilite l’expression et la formulation de ce qui est refoulé au fond de l’être ou inhibé. L’Animateur a une action révélatrice.
  • Toutes les attitudes fondamentales de l’animateur (centré sur le groupe) doivent converger vers la compréhension et l’écoute, une écoute active.
  • Tout individu, s’il se sent compris, accepté, acquiert la conviction qu’il peut, sans courir de risque d’être dévalorisé, ou déprécié, manifeste ce qu’il pense, ressent ou vit.
 
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Publié par le 28 octobre 2013 dans Débats d'Idées

 

La Maison des jeunes.

[Si vous voulez écouter au lieu de lire]

 
Nous traiterons de la maison des jeunes en tant que tout, c’est-à-dire l’ensemble des espaces, parce que c’est cet environnement qui conditionne l’action animation.

1. Rôles et fonctions

La maison des jeunes est un espace ouvert aux jeunes sans distinction aucune. Un espace d’accueil, avec des animateurs et des programmes d’activités qui sous entendent des moyens et des outils mais surtout des objectifs bien précis, en rapport direct et exclusif avec le jeune (son développement psychosocial sous toutes ses formes). La Maison des jeunes étant le troisième milieu dans lequel évolue le jeune, le premier étant la famille, et le lycée, le deuxième.

Une maison des jeunes se forge à l’image du milieu dans lequel elle évolue. « la clientèle » n’est jamais la même et la communauté est en constante mouvance. On travaille en symbiose, en continuité, avec le milieu. Ce qui perdure, c’est la priorité octroyée à l’implication des jeunes et au dépassement de soi. On intervient sur les jeunes pour que ceux-ci en viennent à intervenir.

Dès lors, la prise en charge s’effectue en partie grâce à la structure qui préconise un équilibre des forces en présence. Les jeunes devant y occuper autant de place que l’administration et l’équipe d’animation.

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En plus d’être ouvert, l’espace appelle son appropriation par les jeunes. Cette appropriation s’effectue de deux manières ; on parle d’une appropriation physique et une appropriation morale. L’appropriation physique sous-tend une appropriation morale. En partie, de la première découle la seconde. Par appropriation physique, on entend que les jeunes peuvent, à la condition que ce soit fait de façon rationnelle, organiser les lieux comme ils l’entendent. La disposition des lieux, la couleur des murs sont le reflet de ce que sont les jeunes de la maison.

Grâce aux animateurs et à l’organisation des activités, les adolescents sont amenés à prendre connaissance de leurs capacités. C’est ainsi qu’entrent en jeu les notions d’auto prise en charge et d’autoréalisation. Mais encore, lorsqu’on parle de démarche vers l’autonomie, on entend travailler en fonction des choix que les adolescents doivent effectuer, et faire en sorte qu’ils prennent plus de place, ce qui n’est pas toujours facile.

La maison des jeunes étant investie d’un rôle aussi important que celui du lycée sa philosophie est tournée vers le développement de l’adolescent, de ces capacités.

Elle se veut une tribune pour les jeunes, son but ultime est d’arriver à ce que les jeunes qui la fréquentent se prennent en main, atteignent ce qu’on peut appeler le « statut de vrai citoyen ». Pour cela elle se doit de permettre aux adolescents d’apprendre ce qu’est la vie communautaire et lui permettre de s’impliquer dans le vécu de la communauté.

2.Fonctionnement

Pour atteindre ses objectifs, la maison des jeunes offrent un service d’animation donnant l’aide nécessaire à la réalisation de diverses activités reliées à l’accueil, à l’information, l’accompagnement, la prévention, la formation, et les loisirs.

La prévention s’y exerce par le biais de dépistage, d’activités d’information, et par aide directe. Le tout est exécuté dans une optique où le jeune s’intègre à son milieu.

Une constante se dégage, le cadre d’intervention doit être flexible pour permettre aux animateurs d’être disponibles et à l’écoute du vécu des jeunes. Le tout devant s’exercer sans qu’il n’y ait de contraintes institutionnelles, les jeunes fréquentant les maisons sur une base volontaire.

Les pratiques des maisons des jeunes mettent en lumière le fait qu’on dispose des outils nécessaires pour inciter les jeunes à se prendre en main. Elles se doivent d’être en mesure de le faire, mais encore, elles se doivent d’en avoir la volonté. Dans ce dessein, ce qui prime, ce sont les jeunes.

Cette prise en charge de la jeunesse se fait par divers moyens. C’est ainsi qu’on parle de démarche vers l’autonomie.

On parle souvent du manque de mobilisation des jeunes, de leur individualisme. À défaut de pouvoir se tourner vers un organisme ou une personne aidant, les jeunes se centrent sur eux. Cela n’est pas sans rendre difficile le travail des animateurs. Pour parvenir à attirer et soutenir leur attention, il faut faire preuve de patience et d’invention. En fin de compte, ces jeunes reçoivent plus d’une maison de jeunes que ce qu’ils lui demandent.

L’implication des jeunes ne va pas de soi ; il faut aller les chercher. Attirés à la maison des jeunes parce qu’elle est un lieu de rencontre, ils considèrent ses autres caractéristiques étant accessoires.

C’est davantage par le dialogue que par l’action qu’on prévoit inciter le jeune à se prendre en main. On veut permettre aux jeunes d’avoir un comportement critique vis-à-vis des choix qu’ils doivent faire. Par l’écoute et la discussion, on pousse l’adolescent à mener plus loin son analyse. On ne se contente pas d’agir que lorsqu’un jeune vit une période de crise, on force la discussion.

Pour permettre le développement des adolescents, les maisons des jeunes mettent l’accent sur deux volets : L’un axé sur l’organisation et la réalisation d’activités récréatives, et l’autre sur l’information.

C’est par le développement de leurs capacités que les adolescents pourront se prendre en main. S’ils agissent, c’est dans un cadre où ils sont libres. Les animateurs s’évertuent donc à aider et à trouver des moyens pour que les adolescents puissent atteindre l’objectif ultime qu’est la prise en main par les jeunes. On pense alors à l’organisation d’activités, à l’écoute, au renforcement positif.

L’organisation de l’intervention à partir des programmes apparait, dans le contexte des maisons des jeunes, l’approche la plus favorable afin d’assurer une centration sur les besoins des jeunes.

Les programmes proposés sont planifiés en fonction de la mission de l’institution et des besoins des jeunes adhérents (notamment, parce qu’ils sont planifiés dès le départ à partir d’une évaluation des besoins et attentes).

Les besoins du jeune, ses attentes deviennent le paramètre décisif de l’organisation, de la programmation et de la distribution des tâches.

Dans cette logique, les animateurs, et les activités proposées sont « au service » des programmes et non l’inverse.

Cette approche assure de l’activité spécialisée parce que les jeunes « cibles » sont bien identifiées et qu’une conception de l’intervention à l’égard de ces jeunes se trouve définie.

L’approche par programme facilite l’identification des priorités et en ce sens favorise la pertinence des actions. Elle permet de clarifier la définition des objectifs de travail avec les partenaires lors de la planification des activités et favorise la cohérence en se développant en liens étroits avec la mission des maisons de jeunes.

Sa logique constitue également un véhicule mieux adapté au dialogue entre les animateurs, elle offre donc une voie privilégiée au développement des connaissances sur leurs interventions.

Enfin, elle permet d’offrir des « services » moins aléatoires, davantage ciblés.

L’approche par programme comporte aussi ses exigences. Elle demande une planification soutenue et constante. Une planification qui permet de s’assurer de la cohérence des actions, c’est-à-dire de l’adéquation entre les actions et la mission de l’institution.

Cette approche oblige aussi à procéder à une analyse continue des besoins afin de pouvoir offrir toutes les pistes possibles, s’assurant ainsi de la pertinence des actions, c’est-à-dire l’adéquation entre les besoins, les attentes et les actions proposées.

Puis, elle nécessite le soutien systématique au développement des programmes, lequel ne peut plus s’effectuer au gré des initiatives personnelles. Dans ce contexte, le soutien apporté au développement vise à canaliser la créativité des animateurs dans un projet qui soit pertinent, assumant ainsi une direction au développement du programme. Ce choix s’accompagne, en outre, d’un impératif d’évaluation des actions en regard duquel doit s’appliquer une rigueur méthodologique.

3. Objectifs généraux de la maison des jeunes

Il apparait indispensable de développer une pédagogie qui mette en œuvre des outils adéquats pour susciter l’Esprit d’Entreprendre chez les jeunes dans les divers domaines.

Il s’agit là de la pierre angulaire de toute intervention. Où l’on met en interrelation l’écoute et l’action.

Cette pierre angulaire du travail se situe au niveau de l’apprentissage par les jeunes, signifiant l’acquisition :

  • D’un outillage personnel suffisant ;
  • D’une expérience légitime du pouvoir de dire et de faire ;
  • D’une amélioration des relations avec les autres ;
  • D’une participation à la vie communautaire ;
  • D’une possibilité réelle de choisir entre plus d’un modèle ;
  • D’un goût à mobiliser ses énergies (à faire, à créer, à bâtir ;
  • D’un sens à ses actions, ses valeurs propres.
 
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Publié par le 23 octobre 2013 dans Débats d'Idées

 

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